__Je suis sortie de chez toi, je me suis accroupie contre le mur chaud, j'ai entrouvert les lèvres et j'ai perdu ma sève. Quand je me suis relevée, l'arbre se l'allée était déraciné, il attendait, couché qu'on vienne le découper. Un homme avec un casque a vu mes larmes; étonné, indécis, il a dit "Vous pleurez.?" Et j'ai baissé la tête.__L'amour était fini. Je partais le ventre plein, ni creusé par la faim ni tiraillé d'ennui. Alors j'ai continué à marcher, et je ne me suis pas arrêtée. Je sentais tomber les feuilles de l'arbre, j'entendais le bruit des hommes avec les tronçonneuses, mon écorse se fendait, j'étais nue, je m'éloignais. Je ne savais pas qouq qu'elle forme le vide parlerait.Ce n'était pas un puits, un fossé, une fissure, ce ,n'était pas un manque, mais plutôt une présence, une masse, bien en place, tu étais là, dressé mais intouchable. Le vide avait une forme, un volume. Face à lui, je n'ai pas eu l'impression de m'enliser, mais de grandir. Et de m'y accrocher plutôt que d'ysombrer.Ton absence, c'était toi, disparu, peu m'importe, c'était toi quand même, dès le matin, penché au-dessous du lit. Tu disais les mots, comme penché au-dessus du lit. Tu disais les mots, comme avant, à ce soir, je t'apelle, dors encore, reste couchée, je dois partir, je n'ai pas envie de café, j'irais le prendre plus tard. C'était toi, soudain, qui me téléphonais, et je tremblais, car je n'entendais pas, et si je te demandais de répéter, plus distinctement, d'arreter le bruit de ta moto, je savais que tu t'impatienterais, alors au hasard, j'acquiesçais.
